
Le bracelet connecté est né podomètre et s'est chargé de capteurs. Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir ce qu'il mesure, mais avec quelle fiabilité, et la réponse diffère beaucoup d'une mesure à l'autre.
Le nombre de pas est fiable à quelques pour cent près sur la marche ordinaire. L'accéléromètre reconnaît la cadence caractéristique du pas ; il se trompe surtout en poussant un chariot, en tenant un guidon, ou en gesticulant assis.
La fréquence cardiaque au repos est également fiable. Le capteur optique éclaire la peau en vert et mesure les variations de lumière réfléchie liées au flux sanguin. Au repos, le signal est propre ; sa dérive dans le temps est un indicateur de forme utile, et une élévation inhabituelle sur plusieurs jours signale souvent une fatigue ou une infection avant qu'on ne la ressente.
La fréquence cardiaque à l'effort intense décroche : les mouvements du poignet et la sueur perturbent le capteur optique, avec des écarts de plusieurs dizaines de battements sur des efforts fractionnés. Pour un entraînement sérieux, une ceinture pectorale reste très supérieure.
Les calories dépensées sont une estimation dérivée d'un modèle, pas une mesure : l'erreur dépasse couramment 20 %. Les phases de sommeil, léger, profond, paradoxal, sont déduites des mouvements et du rythme cardiaque ; la durée totale de sommeil est plutôt bien estimée, la répartition en phases beaucoup moins. Enfin la saturation en oxygène mesurée au poignet est indicative et ne remplace pas un oxymètre au doigt.

Le bracelet est léger, discret, et tient une à 2 semaines sur une charge. La montre offre un écran lisible, un GPS intégré, le paiement sans contact, des applications, et se recharge tous les jours ou tous les 2 jours. L'autonomie est le critère qui décide de l'usage réel : un appareil qu'on retire chaque nuit pour le charger ne mesure pas le sommeil.
Le GPS mérite une attention particulière. Un bracelet sans GPS utilise celui du téléphone : il faut donc emporter le téléphone pour enregistrer un parcours. Un GPS intégré autorise la sortie les mains libres, au prix de l'autonomie.

Les fonctions de détection de chute et d'appel d'urgence ont changé l'intérêt de ces appareils pour les personnes âgées ou isolées. Elles fonctionnent, avec des faux positifs, et supposent qu'un contact soit configuré et joignable. Le rappel de mouvement, l'alerte de rythme irrégulier et le suivi de la fréquence de repos apportent, eux, une information que le médecin traitant peut exploiter, à condition de la lui apporter, et non de l'interpréter soi-même.
Toutes ces mesures partent sur les serveurs du fabricant. Ce sont des données de santé au sens du règlement européen, et leur conservation, leur partage et leur suppression sont des droits qu'on peut exercer. Avant d'acheter, deux vérifications valent la peine : l'application permet-elle d'exporter ses données dans un format lisible, et peut-on supprimer son compte et l'historique associé. Un appareil qui enferme les mesures rend leur suivi impossible dès qu'on change de marque.